LES ÉCOSYSTÈMES ÉCONOMIQUES

Depuis la nuit des temps, la vie, à commencer par celle des Hommes, progresse au travers d’équilibres nécessaires à son développement. Ces derniers s’avèrent incontournables. Les écosystèmes que l’Homme détruit sans soucis du lendemain sont le modèle parfait de l’équilibre. Nous nous trompons rarement en prenant la nature comme modèle.

La première chose qui nous vient à l’esprit lorsque nous parlons d’écosystème c’est l’équilibre.

Si les choses vont mal chez les Hommes, c’est qu’ils vivent, entre autres, dans un écosystème économique déséquilibré.

Que voyons-nous ?

La maison de l’économie est immense.

Comme nous ne pouvons pas vivre dans toutes les pièces à la fois, alors, passons d’une pièce à l’autre. Essayons de découvrir les arcanes de cette économie qui est au cœur de notre vie. Comme tout ce qui touche les Hommes, elle est simple, complexe et souvent paradoxale.

L’économie étant la création des Hommes, nous y trouverons l’essentiel de leurs besoins au milieu de toutes nos confusions. Certaines pièces de cette grande maison devraient être classées au patrimoine mondial de l’humanité, alors que, par ailleurs, des pans entiers d’une certaine économie devraient être détruits. Au cœur d’une économie de précaution qui viendra insufler une autre forme de croissance pour soutenir nos régimes sociaux et les obligations de l’Etat, nous ne manquerons pas de   réaménagés des horizons paysagés et nous ne manquerons pas de construire un autre habitat plus intelligent pour nous nous. Il faudra beaucoup de spécialistes, du bon sens des techniciens pointus et des Hommes de bonne volonté pour trouver le meilleur résultat possible afin d’équilibrer le tout.

Commençons par admettre que les grands désastres occasionnés par l’économie en général relèvent d’une responsabilité collective et non pas de tel ou tel systèmes ou de tel ou tel Homme. Face à toutes ces complexités, nous devons rester humbles et commencer à nous regarder nous-mêmes. Arrêtons de chercher des boucs émissaires et à contester le système, cherchons tous ensemble à ouvrir des voies, des milliers de voies, afin de mieux comprendre et maîtriser notre avenir et notre bonheur qui est à l’horizon de ce travail passionnant.

Dans l’économie, commençons par distinguer deux groupes.

Le premier et le plus important est celui de l’économie de l’avoir. Cette économie produit tous les biens matériels qui vont de l’indispensable à l’inutile. C’est le lieu géographique où les Hommes sont, pour la majorité, à la recherche de leurs grands et petits plaisirs. C’est l’économie dominante.

Le second groupe concerne l’économie de l’être qui est en prise directe avec l’émotion. Cette économie sert à la fois de lien et de liant entre les Hommes. Certains parlent d’une économie sociale et solidaire. L’économie de l’être est comme les miroirs qui sont utilisés dans nos maisons, elle reflète l’âme de la société et le bonheur des Hommes. Vouloir l’ignorer du fait qu’elle est, à la différence de l’autre, difficilement comptabilisable est une erreur.

Un premier examen rapide nous laisse deviner que c’est bien l’économie de l’avoir qui est la plus dommageable pour notre environnement. De ce fait, nous adhérons à toutes les actions qui sont faites pour l’améliorer afin qu’elle pollue moins et limite le plus rapidement possible ses effets les plus dommageables. Nous encourageons aussi la disparition d’une partie de cette économie que nous jugeons inutile et dangereuse. Cependant, pour diverses raisons, nous ne pouvons que difficilement nous en passer, emplois, revenus, régimes sociaux, stabilité du monde avec toutes ses complexités et plaisirs… Pour maintenir la croissance de cette économie, cela coûte de plus en plus cher à nos sociétés. Les avis des experts sont contradictoires. On prend les chiffres qui nous arrangent c’est un peu comme le pétrole.

On parle souvent du prix du pétrole, des réserves, de son impact sur l’économie et par là sur les hommes, mais on parle beaucoup moins du rapport entre énergie fournie pour obtenir ce pétrole et énergie obtenue et encore moins des dommages collatéraux sur l’environnement et notre santé.
Aux débuts de l’extraction du pétrole, un homme creusait le sol avec un pic et le pétrole jaillissait. Le rapport entre énergie fournie et énergie obtenue était très élevé.
Aujourd’hui, il faut tenir compte de l’énergie nécessaire pour la recherche, la prospection, l’extraction, le transport jusqu’aux usines de raffinages. L’ensemble de ces coûts, équipements, salaires, réglementations, difficultés de plus en plus grandes d’exploitation ne font qu’augmenter.

Mais nous continuons essentiellement à nous soucier que de deux choses avec le pétrole son prix et des réserves. L’économie de l’avoir c’est un peu ça, elle raisonne principalement en dividende et besoins immédiats.

L’ensemble de l’économie est plongée dans la tourmente mondiale. Il y a eu des guerres du pétrole, il y aura des guerres pour l’eau et sur d’autres nécessités.

Pour les hommes le régulateur du monde c’est la guerre. Quand il y a des crises difficilement surmontables dans l’économie de l’avoir nous faisons « une bonne guerre » comme j’ai pu l’entendre trop souvent. Toutes les guerres ne sont que des aberrations, des maladies graves qui tuent des millions d’innocents, mais les guerres semblent faire partie de l’économie de l’avoir. Seule l’économie de l’être dont le vecteur principal est la fraternité pourra nous éloigner de ce principe mortifère qui finira par être fatal aux hommes.

Nous constatons que l’écosystème économique se dégrade rapidement au même titre que ceux observés dans la nature.

Pour cela, nous devons travailler pour rechercher le meilleur équilibre qui soit entre l’économie de l’avoir et de l’être, ce que j’appelle par ailleurs une économie de précaution.